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Les fils de la terre – France 2

Mention spéciale du jury du FIPA 2012

Prix ESJ-Lille FIGRA 2012 / premier film

Un film inédit réalisé par Edouard Bergeon
Ecrit et réalisé par Edouard Bergeon et Luc Golfin
Monté par Luc Golfin
Produit par Hervé Bouchaud et Marc Berdugo
Conseiller éditorial Florent Chevolleau
Une coproduction Sable Rouge et Magnéto Presse

Blog personnel, presse régionale, articles Le Monde ici et , presse écrite, émission radio Europe1, France inter et reportage France 3, ce documentaire fait parler de lui !

En bonus un reportage inédit sur le réalisateur Edouard Bergeon.

29 mars 1999. 4h du matin. Christian, mon père, tombe sur mon lit en agonisant. Il vient d’ingérer des pesticides. Il ne se relèvera pas.
Il avait 45 ans et était agriculteur.
Jusqu’au bout, mon père s’est battu seul et dans l’indifférence générale pour tenter de conserver son exploitation. Accablé de dettes, menacé de dépôt de bilan, épuisé physiquement et moralement, il a fini par craquer, et s’est donné la mort.

15 ans plus tard, je rencontre Sébastien, 38 ans. Il est éleveur dans le Lot. Dans les campagnes françaises, les années ont passé mais l’agriculture continue d’être en crise. Suite à la chute des prix du lait et de la viande, Sébastien est endetté à hauteur de 500 000 euros, et ne peut plus payer ni les banques, ni les fournisseurs. Il travaille à perte 15h par jour, sans jamais prendre de vacances. Son épouse Céline, enceinte de son 4ème enfant, a du mal à vivre la situation. Sébastien doit en plus affronter le regard de son père, qui lui a cédé l’exploitation il y a une dizaine d‘années. Jean-Claude, 62 ans et officiellement à la retraite, continue d’aider Sébastien sur la ferme. La cohabitation est rude.

Durant plus d’un an, j’ai filmé le combat quotidien de Sébastien et de sa famille, leurs espoirs et leurs déceptions. A leur côté, j’ai vécu et filmé ces moments difficiles, si proches de ceux que les miens et moi avons enduré.
De ce passé tragique, il ne reste que des souvenirs, une centaine de photos et des agendas. Ceux que remplissait ma mère pendant la dépression de mon père et dans lesquels elle raconte notre longue descente aux enfers.
Peu à peu, je découvre à quel point l’histoire de Sébastien et celle de mon père se ressemblent. Et à quel point elles sont emblématiques de centaines d‘autres.
En France, le suicide des agriculteurs est un phénomène de plus en plus préoccupant. Entre 600 et 800 d’entre eux auraient mis fin à leurs jours en 2009. C’est de loin le taux de suicide le plus élevé de toutes les catégories socio­professionnelles.

Chaque histoire est singulière, mais un constat plus général s’impose : au delà des difficultés économiques, le monde rural n’est plus en phase avec la vie moderne. Horaires de travail très contraignants, pénibilité, solitude… Auxquels s’ajoutent pour certains ce poids du père,  souvent lourd à porter pour le fils qui reprend l’exploitation familiale, et qui doit seul assumer l’échec.

En bout de route, le drame paraît presque inéluctable, comme une fatalité.

  1. bonjour Edouard,
    j’ai vu votre film aujourd’hui sur le festival à alès. Je suis très touché. Je viens d’une famille très semblable que celles décrits dans le film. Mon père a repris la ferme de son père, a eu le poids du regard de lui sur son travail et plus tard, il a fait pareil avec son fils, mon frère. Mainenant mon frère travaille comme agriculteur sur la ferme avec sa famille, ses enfants sont dans les vingt ans et il y a la même relation entre père et fils malsaine qui s’est installé. Mon autre frère aurait du reprendre l’exploitation, mais a un moment mon père a changé d’avis et l’ainé a été preferé par lui, sans que ça été clairement discuté en famille. Il y a du malaise partout. En plus, les contraintes de productivité moderniste, ils font de mon frère et sa famille des travailleurs qui ne sortent plus leur tête et qui se noyent dans cet travail. Vous l’avez très, très bien dit, Edouard: « Le regard noir ».
    Je serais très ravie de montrer ce film à mes frères, peut-être même mon père s’y interesse encore. il a quatre-vingt-trois ans maintenant et il ne sort plus de son lit en ce moment, regarde la télé. Mon frère, mais surtout ses fils ne veulent plus de lui dans les champs, chez les vaches, commentant leur travail.
    Cette famille me donne mal, très mal. Je suis partie, je ne les supporte pas, mais je les aime.
    j’aimerais leur montrer votre film, seulement, ils ne parlent que l’allemand. par hasard, est-il une version sous-titrée prevu?
    merci pour votre reponse,
    bien à vous,
    franziska

    [Répondre]

  2. Bonjour, Un agriculteur est ruiné car le tournesol n’a pas poussé assez vite, les aides PAC lui sont supprimées

    http://www.petitions24.net/a/71498

    [Répondre]

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