Un jour ça ira

Stan et Edouard Zambeaux


180mn | 2017

Djibi et Ange, deux adolescents à la rue, arrivent à l’Archipel, un centre d’hébergement d’urgence au coeur de Paris. Comme tous les ados, ils veulent à la fois se démarquer et ressembler aux jeunes de leur âge aspirant à la « normalité ». Or, bien souvent, ils n’osent même pas dire où ils habitent tant la honte les étreint. Pour autant, tous les deux manifestent une volonté tenace de s’accrocher et de s’en sortir. Ils croient en leur bonne étoile. Ce sont des enfants qui doutent, mais qui sont résolument optimistes et se projettent dans une vie future rêvée. Chacun, à sa manière, est persuadé avec toute la confiance de son âge que forcément, « Un jour ça ira » ! Pour Djibi et Ange, l’atelier d’écriture et de chant dont ils bénéficient s’inscrit dans une progression forcément chaotique et empreinte de doutes. Réussir une représentation en public pour Ange et obtenir une publication dans le quotidien Libération pour Djibi ne sont pas des perspectives qui leur paraissaient envisageables au début. Ils vont pourtant relever ce défi. Et par leur motivation, insuffler de l’énergie à l’ensemble du groupe d’ados.

Ce sont des enfants qui doutent mais qui sont résolument optimistes

Ce film est un huis clos pour insister sur la posture des familles hébergées. Elles sont comme emprisonnées dans un no man’s land. Elles sont dans un entre-deux qui engendre une véritable fatigue psychique. Ces familles hébergées sont inscrites dans une double temporalité : celle de leur vie faite d’urgence, et le cycle de la société à l’extérieur qui les oblige à développer une patience hors norme. Elles ont des besoins pressants, mais personne ne peut leur fournir dans l’instant un logement, un travail, des papiers. Le huis clos met en exergue le temps qui passe et la sensation d’étouffement que les familles ressentent. Mais le huis clos est aussi humain. Djibi et Ange sont d’abord seuls face à leur destin, livrés à eux-mêmes même si l’alchimie du lieu les aide souvent à dépasser leur isolement.

Le mot du réalisateur

Le projet de ce film était de sortir des a priori, de ne pas regarder les sans-domiciles dans leur assignation d’image habituelle où on aurait dû les voir sous des cartons… Notre projet politique était de regarder des parcours ascendants, des gens qui ont eu effectivement des accidents de la vie mais des gens debout, dignes, qui luttent, qui marchent.
— Edouard Zambeaux

On a été touchés par Djibri. Djibri est très sensible, très délicat, très doux. Il avait cette capacité à fédérer tous les enfants du centre. Pouvoir le suivre, lui et sa mère, sur une trajectoire ascendante, cela a été un honneur pour nous.
— Stan Zambeaux

 

Un jour, ça ira
Un film de Stan & Edouard Zambeaux
Production : Magneto Presse
Durée : 82 min
Diffusé le mardi 12 décembre à 22h25
sur France 2
Sortie en salle le 14 février 2018

 

 

Grand Prix de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
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Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains de Genève 2017
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Mention spéciale au 69e Prix Italia
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Prix du jury, prix du public et prix du jury jeune au Festival de cinéma des 5 continents
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Prix des jurys en milieu carcéral du FIFDH de Genève de 2019